Justice

Ahmed, 8 ans, convoqué par la police : la bataille judiciaire est lancée

Les démarches judiciaires se multiplient dans la foulée de la polémique provoquée par l’audition, mercredi, au commissariat de Nice, d’un enfant de 8 ans, pour ses propos sur le terrorisme. Au lendemain des attentats contre Charlie Hebdo, le jeune Ahmed aurait déclaré  » je ne suis pas Charlie, je suis avec les terroristes ».

Maître Guez Guez, l’avocat des parents du garçon, a affirmé sur RMC et sur les réseaux sociaux que la police avait reçu une plainte pour « apologie du terrorisme » de la part de la direction de l’école à l’encontre du petit garçon. Ce que la police a démenti, avant d’être accusée par l’avocat… de mentir.

De nouvelles plaintes et enquêtes, non démenties cette fois, s’ajoutent à ce mic mac. En effet, Mohamed Kebabsa, le père du petit garçon, a annoncé son intention jeudi après-midi de poursuivre le directeur de l’école Flore, où son fils est scolarisé à Nice, pour « violences aggravées sur mineur ». Il a assuré devant les caméras d’I-télé que son fils ignorait ce qu’était le terrorisme. La violence serait constituée par le « harcèlement ». La commissaire divisionnaire de Nice, Fabienne Lewandowski a annoncé dans la matinée qu’une enquête venait d’être ouverte sur des « suspicions de violences » dans la famille du jeune garçon. La ministre de l’éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem a quant à elle soutenu que « l’équipe de l’établissement scolaire a(vait) bien réagi », en signalant la situation aux forces de l’ordre, ajoutant que la situation personnelle de l’enfant était « préoccupante ». Quant au député UMP Eric Ciotti, il a annoncé avoir pris des mesures pour saisir les services de protection de l’enfance.

Enfin, le père d’Ahmed serait lui-même visé par une plainte de l’école pour s’être introduit dans l’établissement de manière intempestive, selon maître Guez Guez:

Le cabinet de la ministre de l’Education l’a confirmé au site d’information Rue89 :
« La plainte n’a pas été déposée contre Ahmed, mais contre son père pour « intrusion”. S’agissant de l’enfant, il y également eu un signalement à la protection de l’enfance. Nous ne pouvons rien dire de plus car le dossier est maintenant dans les mains du procureur. »

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Photo d’en-tête : Mohamed Kebabsa, le père d’Ahmed. (BFM)