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Les internautes s’indignent de la couverture médiatique de la tuerie de Chapel Hill

Le meurtre de trois étudiants musulmans aux États-Unis mardi a déclenché une vague de colère sur fonds de tensions raciales exacerbées par les récents attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher. Les critiques visent particulièrement les médias, accusés de passer sous silence la tuerie, sous prétexte que les victimes sont musulmanes. Tour d’horizon des réactions sur Twitter.

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La polémique suscitée par le meurtre de trois étudiants musulmans en Caroline du Nord mardi dépasse désormais les frontières américaines.

Sur les réseaux sociaux, les réactions fusent pour dénoncer le double discours médiatique, accusant les journalistes de traiter différemment les victimes lorsqu’elles sont musulmanes.

Sur Twitter, des milliers de tweets arborent ainsi le hashtag #MuslimLivesMatter (les vies musulmanes comptent), une référence directe à #BlackLivesMatter, créé après le massacre du jeune Michael Brown à Ferguson en août dernier.

« Même les chiens robots ont droit à du temps d’antenne »

Passer inaperçu. C’est le ressenti de milliers de musulmans qui ont l’impression que dès qu’un drame touche leur communauté, les médias tournent les yeux.

Sur Twitter, un utilisateur s’indigne ainsi que même les « chiens robots » font l’objet de plus d’attention médiatique que les victimes de la tuerie :

Dans un autre tweet, un professeur de Detroit se plaint que les musulmans sont toujours représentés comme des criminels alors que ceux qui sont victimes d’actes de violence sont tout simplement  boudés des médias : 

Un argument repris par de nombreux internautes, y compris français : 

 

Du double discours au racisme

Pour les internautes, l’irrespect des médias envers la communauté musulmane ne s’arrête pas au simple oubli. Certains accusent même les journalistes de racisme. Exemple avec ce dessin cinglant : “Un tireur musulman =  un terroriste, un tireur noir = un voleur, un tireur blanc = juste une dispute pour une place de parking”. 

Une idée reprise par cette amatrice de tweets qui détourne le jeux des sept différences en rajoutant une barbe à l’auteur de la tuerie. Une barbe qui permet aux médias, selon elle, de distinguer un terroriste d’un simple fou : 

 

Les internautes exigent des actions concrètes

Les critiques vont aussi au-delà des médias et s’adressent plus largement à la classe politique et judiciaire. Certains internautes expriment ainsi leur incompréhension face au silence de Barack Obama, sur un sujet — la lutte contre les discriminations — sur lequel il a pourtant fait campagne en 2008 et en 2012. Cette militante écrit ainsi : « Re-bonjour @BarackObama – 3 jeunes personnes ont été tuées à #ChapelHillShooting – Vous n’avez toujours rien dit ? Pourquoi ? » 

D’autres encore n’hésitent pas à dénoncer l’indignation sélective de la population et de leurs représentants. Cette internaute se demande où sont les « Charlie » qui ont manifesté pour la tolérance et la paix le mois dernier dans toute la France : 

Faisant écho à l’affaire Dieudonné et à la succession de gardes à vue pour apologie du terrorisme en France, cette journaliste du Bondy Blog se demande si la justice, elle aussi, tiendra un double discours face aux provocations racistes : 

Une question finalement pas si rhétorique que ça, qui traduit avant tout une envie de justice.

Le meurtrier présumé, Craig Stephen Hicks 46 ans, s’était rendu à la police mercredi, immédiatement après les faits.

Sur son compte Facebook, il s’affichait comme un anti-religieux convaincu. Une enquête du FBI a été ouverte pour déterminer si son acte relève d’un crime de haine ou d’une querelle. Quel que soit la conclusion, le sujet risque de rester explosif pendant plusieurs semaines encore.

 

Photo d’en-tête : L’université de Caroline du Nord à Chapel Hill, où la fusillade a eu lieu (Creative Commons calamity_sal)

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