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Antiterrorisme : 150 procédures judiciaires en cours en France

150 procédures judiciaires antiterroristes sont en cours. La ministre de la Justice Christiane Taubira détaille les mesures mises en place et veut rassurer sur la frontière entre sécurité et liberté.

Christiane Taubira donne des chiffres. Une semaine après l’attentat déjoué de Villejuif, pour lequel Sid Ahmed Ghlam a été mis en examen, la ministre de la Justice fait le point ce lundi dans une interview au Parisien sur la lutte antiterroriste  actuellement menée.

150 procédures judiciaires sont en cours (dont 125 concernant la Syrie) et 39 enquêtes depuis le début de l’année. 165 personnes sont mises en examen et 122 en détention provisoire.

“La filière dominante, c’est la syrienne, mais on a affaire aussi à des filières irakienne et tchétchène”, assure la ministre de la Justice au Parisien. Elle refuse de donner des chiffres sur les attentats déjoués dans l’Hexagone «afin de ne pas plus informer les criminels et les filières».

«1 573 Français ou résidents en France sont recensés pour leur implication dans des filières terroristes. 442 se trouvent sans doute actuellement en Syrie, 97 y sont morts”, avait précisé le Premier ministre Manuel Valls au micro de France Inter jeudi 23 avril.

Au coeur du projet : localiser les suspects

Le gouvernement fait face à de vives critiques avec le projet de loi sur le renseignement qui va être votée mercredi 5 mai. L’équilibre entre sécurité et liberté peut vite être menacé selon de nombreux élus de droite comme de gauche.

Toutes les personnes condamnées pour des faits terroristes figureront dans un fichier dédié. Celles mises en examen y apparaîtront aussi si le juge d’instruction le demande. “Elles seront obligées de signaler tous les trois mois leur domicile ou déménagement, ainsi que tous les déplacements à l’étranger”, assure Christiane Taubira. Ces obligations dureront pendant dix ans après l’inscription au fichier terrorisme pour les personnes majeures et cinq ans pour les mineurs. Deux ans de prison et 30 000 euros d’amende sont requis pour tout manquement. Les informations seront quant à elle conservées vingt ans pour les plus de 18 ans et dix ans pour les autres.

Christiane Taubira justifie ces longues durées. “Nous nous sommes rendus compte, notamment lors des attentats de janvier, qu’il était difficile de localiser certaines personnes, pourtant déjà condamnées pour actes de terrorisme ou repérées dans ce cadre”. Elle continue :“Certaines interpellations ont été compliquées car deux, trois voire quatre adresses étaient répertoriées”.

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Selon la ministre, le Conseil d’Etat garantit de surveiller les abus de l’administration et “pourra être saisi par la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement”.

Christiane Taubira insiste : “La menace terroriste est bien présente. Ce n’est pas une vue de l’esprit. Il nous faut anticiper, détecter les comportements à risque, puis les neutraliser pour empêcher les attaques”. Plus tôt, la ministre confiait au quotidien, “il faut du courage politique et moral de dire que le risque zéro (d’attentat) n’existe pas et le courage civique de l’entendre”.