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Le groupe Etat islamique limoge un responsable religieux trop critique

A Alep, son nom de guerre était Abou Moussab al-Jazrawi. Un responsable religieux du groupe Etat islamique a été relevé de ses fonctions, jeudi, pour avoir ouvertement critiqué l’exécution du pilote jordanien Maaz al-Kassasbeh, brûlé vif dans une cage par les membres de l’organisation terroriste.

Ce Saoudien a « expliqué que la façon dont (le pilote) avait été tué était une violation des traditions religieuses » lors d’une réunion hebdomadaire entre religieux et chef du groupe État islamique, rapporte le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, Rami Abdel Rahmane.

Un prédicateur jihadiste d’Al-Qaïda condamne

En Jordanie, un prédicateur jihadiste qui venait d’être libéré après trois mois de détention, a également condamné l’exécution par le feu du pilote,  déclarant que «le geste est inacceptable pour toute religion». Cet homme, Abou Mohammed al-Maqdesi, est perçu comme le guide spirituel de plusieurs membres d’Al-Qaïda.

Pour justifier sa barbarie, le groupe Etat islamique se fonde sur la sourate dite « des abeilles » (an-Nahl) : « Et si vous punissez, infligez (à l’agresseur) une punition égale au tort qu’il vous a fait ». Des religieux musulmans soutiennent que le verset est tronqué. Cette sourate appellerait en vérité à la « patience » face aux ennemis. Dénonçant la barbarie du groupe terroriste, ils rappellent aussi un hadith (propos attribués à Mahomet) interdisant la torture et la mise à mort par le feu.