Politique

Des femmes journalistes dénoncent « avances » et « harcèlement » des politiques

La tribune contre le sexisme en politique publiée mardi dans Libération par 40 journalistes a été saluée par la classe politique, même si certains demandent à en savoir plus.

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Une quarantaine de femmes journalistes ont déploré dans une tribune publiée par Libération le « paternalisme lubrique » de certains hommes politiques. Les signataires, dont certaines ont tenu à conserver l’anonymat, et qui couvrent l’actualité politique pour de grands médias, rapportent une kyrielle d’exemples vécus dans l’exercice de leur métier auprès d’élus, de cadres de partis ou de ministres, sans citer le nom des intéressés.

« Vous faites le tapin »

« C’est un député qui nous accueille par un sonore : « Ah mais vous faites le tapin, vous attendez le client ». Ou un autre qui nous passe la main dans les cheveux en se réjouissant du retour du printemps. Au Sénat, c’est un parlementaire qui déplore bruyamment que nous portions un col roulé et pas un décolleté », témoignent les journalistes.

« C’est l’étoile montante d’un parti qui insiste pour nous voir le soir (…), c’est un élu dont les avances ne s’arrêteront qu’avec la menace d’une main courante pour harcèlement », ajoute la pétition, signée par des journalistes de plus de vingt médias, dont France Inter, Le Monde, l’AFP, Libération, Le Parisien ou TF1.

« J’ai l’impression que ces comportements sont en régression », Bruno Le Roux, patron des députés PS

La journaliste de Mediapart Lenaïg Bredoux, signataire de la pétition, a critiqué sur son blog le comportement  « lourd » d’une « part importante » des élus. « J’ai parfois rougi comme une pivoine et je n’ai pas su où me mettre (…) j’ai évité de rappeler certaines sources parce que je craignais d’entretenir une ambiguïté que je ne recherchais pas », a-t-elle notamment confié.

Dès sa publication, la tribune a été saluée, notamment par des femmes politiques. « Ça claque, merci, mesdames », a ainsi tweeté la députée écologiste Cécile Duflot, « soutien aux quarante courageuses du jour », a renchéri la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, tandis que l’ancienne ministre socialiste Delphine Batho et la députée européenne écologiste Karima Delli l’ont accueillie d’un simple « bravo ».

« Quand j’ai lu la tribune, j’ai pu peut-être me remémorer une ou deux scènes qui peuvent ressembler, qui peuvent être celles qui sont décrites là », s’est rappelé Bruno Le Roux mardi sur France Inter. « Il ne faut plus laisser passer aucun comportement », a rajouté l’élu de Seine-Saint-Denis. Mais en « même temps, j’ai l’impression que ces comportements sont en régression. Il faut non seulement les dire, mais il faut dire d’où cela vient, pour faire en sorte que cela s’arrête ».

« Il faut aussi un certain nombre de principes (…) auxquels je me tiens : jamais aucun déjeuner, jamais aucun dîner de presse. Quand je rencontre des journalistes, c’est toujours sur une heure », a-t-il précisé.

Crédits photo: Image d’illustration / Creative commons

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